« Orphée , au tableau! » La poésie s’enseigne aussi…

14 novembre 2008

Une activité d’écriture pour tous les élèves de Bretagne

Publié par nathalierannou dans Listeurs en herbe

N’attendons pas le printemps pour accueillir la poésie dans nos classes ! Poésie à lire, à écrire, à partager, à inventer… Même si vous enseignez loin de Rennes ou d’un centre de ressources culturelles, vous êtes invité(e) à faire participer vos élèves au festival des Polyphonies de Mars qui se déroulera du 4 au 14 mars 2009, à travers la création d’un texte-liste.             

 

En effet, la liste est un moteur d’écriture qui ne date pas de Prévert, elle a motivé aussi bien les auteurs antiques et médiévaux que les poètes contemporains. L’un d’entre eux Bernard  Bretonnière, invité du festival, a accepté de « parrainer » cet élan créatif !      

 

 

Ainsi, les classes qui enverront la liste la plus motivante, la plus originale, la plus intéressante, la plus musicale… et pas nécessairement la plus clinquante, la plus bruyante ni la plus bariolée… pourront rencontrer gracieusement Bernard Bretonnière en exclusivité à Beauséjour ou dans leur propre établissement.     

 

 

Tous les textes-listes envoyés par la poste à LA MAISON DE LA POESIE DE RENNES (47 rue Armand Rébillon, 35000 Rennes) avant le 20 janvier 2009 seront exposés pendant le festival. Un jury constitué de poètes, de listeurs et d’enseignants déterminera les trois listes favorites du cru 2009 réalisées par des élèves de lycées professionnel et général, de collège et de primaire/maternelle. Les listes retenues seront valorisées sur le web.    

 

 

Pour participer, il n’est pas nécessaire d’être expert en poésie contemporaine. Un peu de curiosité et de plaisir d’écrire devraient suffire. Remarquez également qu’aucun thème n’est imposé : cette liberté peut stimuler la créativité des jeunes « listeurs » mais aussi vous permettre d’intégrer l’activité d’écriture dans votre propre progression. A vous de considérer également s’il est préférable pour les élèves d’écrire en groupes ou de négocier et choisir une production personnelle qui représentera la classe.    

 

Enfin,  risquons un rapide tour d’horizon des champs concernés par cette activité : imaginaire, mémoire, lexique, mise en page, phonétique, histoire littéraire, construction collective, transversalité… Des documents assemblés dans un dossier pédagogique en ligne (très bientôt!) ouvrent des pistes, suggèrent des corpus et présentent le poète invité : www.maisondelapoesie-rennes.org. Vous pouvez aussi noter que l’atelier du mardi 16 décembre à Beauséjour sera consacré aux listes poétiques.    

 

 

Alors, à vos plumes et autres stylets ! En effet, nous avons décidé d’encourager les partisans de la gomme et du crayon… Nous ne recueillons pas de liste électronique pour cette première édition.    

 

 

A bientôt, au plaisir de vous lire et, souhaitons-le, de vous rencontrer. N’hésitez surtout pas à nous contacter.    

 

L’équipe des « Listeurs » 

11 avril 2009

le 10 avril 2009 – le grand ménage d’Henri Meschonnic

Publié par nathalierannou dans Feuillet

Ce blog fatigué depuis quelques mois, mais juste en sommeil, (que d’hypallages!) ne fera pas l’impasse sur la date du 10 avril, celle de la mort d’Henri Meschonnic, l’inoubliable. Il aura été connu et reconnu pour ses prises de position radicales dans le champ théorique, le ton formidablement engagé de ses essais de poétique; sa tonifiante « critique du rythme » a permis de dépasser joyeusement le thématisme, le formalisme et autre stylistique, pour rejoindre le côté vivant de la lecture et du verbe.

Moins connu certainement aura été son parcours de poète, discret et incertain. Il aura pris des années à assumer le risque de la publication, soutenu par exemple par Pierre-Yves Soucy.

Mais « On ne célèbre pas le présent. On le vit. C’est ce que la poésie a de commun avec le présent. Elle ne célèbre pas. Elle transforme. Sinon, le présent n’est qu’une fête du passé pour oublier l’avenir », page 102 de Pour sortir du postmoderne, ed. Klincksieck, collection, Houvari, 2009.

Voici avec ce dernier essai, toujours aussi résolument anti-commémoratif,  de quoi faire le grand ménage. Un grand décapage de printemps… sans tambours, sans trompettes et sans testament

en solitaire maintenant.

 

 

 

4 mars 2009

Textes des Listeurs

Publié par nathalierannou dans Listeurs en herbe

Les Listeurs ont écrit. Avec humour, émotion, subtilité, sensualité. Ils ont inventé des images, des visages, des lieux et des choses. On aime leur engagement, leur distance tendre et libre, leur pudeur et leurs voix. C’est Bernard Bretonnière qui a tranché parmi un ensemble de très beaux textes. Il va rencontrer leurs auteurs et leurs classes les 5 et 6 mars, un cadeau d’humanité.

Vous allez lire ici les textes choisis dans leur version anonymée. Pour plus de précisions, visitez le blog du festival Polyphonies de mars (Maison de la Poésie de Rennes)  http://polyphonies-de-mars.over-blog.com

… ou venez directement vous calfeutrer dans la yourte : tous les textes-listes y attendent leurs lecteurs listeurs!

 

 

Liste à la manière de Bernard Bretonnière

Je pense à …

 

Je pense à la mouette qui chassait pour se faire chasser à son tour,

Je pense à la mer qui, vague après vague disparaît,

Je pense à la serviette de plage qui, d’un côté se salit et de l’autre se fait écraser,

Je pense à l’algue qui fait glisser ceux qui lui marchent dessus,

Je pense à ce petit garçon qui est amené à l’hôpital car il est tombé sur des rochers à cause de cette algue,

Je pense à la mère de cet enfant qui pense qu’il va mourir,

Je pense à son père qui a quitté sa mère,

Je pense à l’infirmier qui, s’il fait une faute aura un deuil sur les bras,

Je pense à la blessure physique de cet enfant et à la blessure psychologique que sa mère endure,

Je pense à ce patient qui ne sait pas s’il pourra payer ses soins.

Je pense à mon esprit qui pense trop.

Je pense le laisser se reposer deux minutes.

Je pense à la plaine derrière cet hôpital,

Je pense à la flore qui se cache,

Je pense à ce chevreuil venu manger,

Je pense à la famille de ce chevreuil qui attend leur père pour manger.

Je pense à la chasse qui a déjà tué une mouette,

Je pense qu’elle va tuer ces chevreuils !

Je pense à ce chasseur qui les a débusqués,

Je pense à cette fuite perdue d’avance,

Je pense à ce tir !!! manqué,

Je pense à la petite dernière qui n’est pas encore partie !

Je pense à cette mère dévouée comme celle de l’enfant, mais elle arrive trop tard,

Je pense à cette famille qui a perdu un membre de la famille,

Je pense à la famille humaine qui a vaincu la mort,

Je pense à l’enfant qui a failli mourir.

Je pense à tout,

Je pense à rien,

Je pense à moi,

Je pense à eux,

Je pense à l’univers où je ne suis rien,

Je pense à …

 

 

SOUVENIRS

 

L’odeur de tajine, l’odeur du miel et des amandes grillées.

 

Autrefois chez mon grand-père à Noël dans le grand jardin blanc. Papa me courait après, me lançais dans la neige puis nous recommencions. Je riais, je riais…

 

Souvenir du vent naviguant lentement sur les vagues.

 

Je me souviens, c’était un dimanche, cela faisait un an que je regardais cette première marche. Après un week-end de courses acharnées, j’y suis monté.

 

Une couleur jaunâtre, une odeur nauséabonde, des bulles pétillantes et sucrées, amères et délicieuses.

 

Jour d’anniversaire, je tombe de la balançoire du jardin, mes copines me regardent et je pleure de douleur. Mon bras gonfle et devient bleu.

 

Elle est apparue, elle était si splendide que j’en ai perdu ma langue pourtant bien pendue.

 

Au mois de novembre, un manteau de neige froid recouvrait ma maison et mon jardin de son blanc glacial.

 

Le feu de cheminée quand je rentrais de l’école, ma nourrice qui préparait le « quatre heures » et l’odeur de pain frais.

 

Le sable doux sous nos pieds, le soleil qui nous réchauffe, ma cousine qui rit aux éclats. Mais : « Non ! On ne passe pas par-là, ils me font peur… »

 

La dernière fois que je l’ai vu, mon meilleur ami, c’était à Paris. Il était pâle, il était mort. Ses parents en larmes, son petit frère… Je ne l’oublierai jamais. Je me suis allongé et j’ai repensé à tous les bons moments que nous avions partagés.

 

J’étais tout seul l’été dernier dans la nuit, le bruit des cigales qui chantent et les petites bêtes qui « grésillement » et puis moi qui ne marchais pas droit.

 

Ma première fois sur des patins, la descente à peine entamée, je tombe, je dissimule ma douleur, en route vers l’hôpital.

 

J’ai le souvenir d’elle, elle si belle avec son odeur de mirabelle.

 

Se souvenir de la texture du pain chaud, de cette odeur de fromage fondu, de ce goût de steak grillé, du crépitement que les frites font dans l’huile.

Je la revois à la fenêtre, une larme puis une autre

J’ai compris qu’il ne fait plus partie des nôtres.

 

Souvenir d’une mère qui m’a porté… C.H.U. de Rennes, porte d’entrée.

 

Souvenirs de vacances où tôt le matin, papa et maman allaient chercher le pain.

Souvenir d’une odeur, le chocolat chaud et ses vapeurs.

 

Cet endroit froid, ce lit blanc, l’odeur de la pomme, sa joue fripée sur la mienne. Un dernier baiser partagé, deux larmes dans mes yeux. Je le sens, elle part pour toujours, si loin.

 

J’étais assis sur le sable dans un paysage magique : la montagne et ses neiges éternelles, le soleil qui vient percer la mer et… Le clapotis des vagues.

 

C’était la veille de Noël, mon père était debout à la porte du salon dans l’obscurité et nous observait comme s’il voulait garder ce moment dans sa mémoire.

 

Mon plus beau souvenir, ce sont les retrouvailles avec cette personne unique, une chère jeune fille qui m’a procuré tant de bonheur. La douceur de sa peau me donnait des frissons, ses câlins me faisaient bondir de joie et ses bisous me faisaient trembler.

 

La boule au ventre, la peur, le mauvais pressentiment. La seule qui me cachait et me rassurait.

La lumière que je haïssais car elle me montrait. Année détestée, je ne veux plus, je ne veux plus.

 

Souvenir des samedis matins où je me levais et sautais sur ma télé pour regarder mes dessins animés préférés. Tout en m »langeant mes céréales dans mon bol de lait, je m’imaginais être le plus grand dresseur de Pokémons.

 

Rwanda. Un puis deux, puis trois et ainsi de suite. Ca continue et parfois je ne m’en rends pas compte. Ils sot morts, certains même avant que je les connaisse et pourtant leur sang coule dans mes veines. D’autres ont été achevés sous mes jeunes yeux.

 

Un dimanche après-midi de mon enfance chez ma grand-mère nous courions après les moutons « Bêêê… ». Ma grande sœur saute sur l’un d’eux et me dit : « Monte sur l’autre ! ». J’ai peur, j’ai des frissons, je vais lui faire mal.

 

Là-bas on peut rencontrer

Là-bas on peut aimer

Là-bas on peut s’amuser

Là-bas on peut se divertir

Là-bas on peut dormir

Là-bas on peut vivre

C’est là-bas que j’ai passé les meilleurs moments de ma vie.

 

La Bretagne en BR…

 

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Football, ma vie

 

Gardien de la forteresse, Gianguli Buffon

Formateur des Gunners, Arsène Wenger

Magicien des mancuniens, Cristiano Ronaldo

Technicien et provocateur du ballon, Ronaldino

Le Géant du football français, Zinédine Zidane

La Grande du football français, Marinette Pichon

La Nation à cinq étoiles, Brésil

Le meilleur buteur de l’équipe de France, Thierry Henry

Les futurs Zidane, Benzema, Gourcuff, Ribery

La furia roja, l’équipe d’Espagne

Les blues, Chelsea. FC

Les Olympiens, l’Olympique de Marseille

Stade vélodrome, l’historique stade de l’OM

Haendel, compositeur de l’hymne de la ligue des champions

Le club à huit titres consécutifs en ligne 1, Lyon

Défenseur historique de Milan AC, Paolo Maldini

Imite la panthère noire, Batefimbi Gomis

AS Cannes, club formateur de Zidane

La famille aux quatre frères gardiens de but, Mandanda

Et le Tréguier FC, Moi, Moi, encore Moi !!!

 

Tracteur

tracte-moi

John-Deere, Fiat, Massey-Fergusonk Ford, Someca, Renault, Case, Lanborghini, Same, Zetor, JCB, Valtra, Kubota, CAT, Manitou, Fendt, New-Holland, Claas,

de plus en plus jeune…

 

Accrochez-vous charrettes…

Mevel, Duchene, Rolland, Brigant, Jeantil, Joskink Chevance,

 

Je travaille ma terre avec…

Espace Emeraude, Gregoire Besson, Lemken, Carré, Khun, Joskin, Rau, Blanchard, Sulky,

 

Demain,

je serai paysan…

 

14 novembre 2008

Saison 2008-2009

Publié par nathalierannou dans Ateliers du mardi

LES ATELIERS DE DECOUVERTE DE LA POESIE CONTEMPORAINE 

Saisons 2008-2009 

  Les ateliers de découverte de la poésie contemporaine à destination des enseignants ont ouvert leur seconde saison, un mardi par mois, de 18h30 à 20h à Beauséjour -- Maison de la Poésie, 47 rue Armand Rébillon, à Rennes. 

Conçues pour développer un rapport concret et sensible aux œuvres mises à l’honneur dans la programmation de Beauséjour, ces soirées offrent aussi des occasions de rencontres avec des poètes, éditeurs, lecteurs… Chaque séance expérimente  un mode d’approche original aisément transférable en classe.   

14 octobre 2008 : Arabesques, en échos à la résidence d’automne de Maram al-Masri, avec la participation de Stéphanie Mercier, professeure férue de littérature arabe et de poésie contemporaine. 

25 novembre : Boîte à outils et Pièces détachées, en partenariat avec Yann Dissez, programmateur littéraire,  en prévision d’une séance de lecture-rencontre lycéenne au Triangle avec Jean-Michel Espitallier le 15 janvier 2009.    

16 décembre :     Affaire de listes, envies d’écrire à partir de l’œuvre de Bernard Bretonnière. A noter : le poète rencontrera les élèves vainqueurs du concours d’écriture « Listeurs en herbe » lors de sa venue en mars. 

13 janvier  : Soirée présidentielle, lectures/rencontres avec 1, 2 , 3 poètes présidents de Beauséjour. Jacques Josse sera parmi nous.

24 février : Mieux vaut en rire, comment lyrisme et humour peuvent-ils faire bon ménage ? 

10-14 mars : participation aux Polyphonies de mars, valorisation des travaux d’élèves « listeurs ». 

31 mars : Qui a peur de Marcel Moreau ? 

12 mai : Lire la poésie à voix haute, en compagnie de Rémy Jacqmin. 

2 juin : Performances… gastronomiques en l’honneur de la résidente de printemps, SABINE MACHER.   

Le programme est susceptible de subir de légères modifications…Consultez le site de Beauséjour ou ce blog.

Tout professeur peut se joindre au groupe en toute saison, dans la mesure des places disponibles.

Les ateliers sont totalement gratuits mais il est indispensable de réserver sa chaise, son fauteuil ou son coussin auprès de :

Gwénola Morizur, téléphones : 02 99 51 33 32 ou 06 18 63 35 41, courriel maisondelapoesie-rennes@wanadoo.fr 

ou de la conseillère-relais : 02 23 21 74 10, courriel nathalie.rannou@ac-rennes.fr   

Un partenariat  DAAC de Rennes (Délégation académique à l’éducation artistique et culturelle)/Beauséjour  (Maison de la poésie) 
  

10 juin 2008

Odeurs d’eau

Publié par nathalierannou dans Feuillet

« L’eau lui arrivait à mi-corps. Il plongea, fit une vingtaine de brasses vers le large et se retourna pour regarder la plage des vacances. Les milliers de voix sonnaient comme des notes tenues, à la contrebasse, sous un déchaînement et dans l’extrême stridence métallique de flûtes éparses. La mer était tiède et claire: il avait pu voir, dans la transparence, l’ombre de son corps s’alléger sur le fond de sable à mesure qu’il s’éloignait. Il lui vint cette pensée, si limpide elle aussi, et si crue, qu’il n’eût rien à lui opposer: sa vie ressemblait à son effort de nageur immobile luttant, par d’imperceptibles mouvements, pour empêcher son corps de recouvrir son ombre. »

Marcel Cohen,

L’In-plano de Claude Royet-Journoud, mardi 18 février 1986, Editions Al Dante/Niok, 2002

29 avril 2008

Valérie Rouzeau en résidence de printemps 2008

Publié par nathalierannou dans Entrée en résidence

« J’étais partie sur Pantin en tête de rame et me voilà au milieu de ma vie 

[…] Je fais avec mes mots qui sont les mots des autres 

Je vais avec les mots qui sont mes mots des autres »   

Valérie Rouzeau

http://www.inventaire-invention.com/icimeme/vrouzeau/poemes.htm

    

« La poésie en bandoulière »

  

(le mot de la conseillère-relais pour inciter les enseignants à monter la poésie en neige ou à éclabousser leurs élèves de quelques flaques de poèmes…)

  Il est trop tard pour se laisser intimider par la poésie, l’accuser d’hermétisme, de distance, de hauteur, de torture mentale et scolaire… Maintenant, Valérie est parmi nous, il va donc falloir trouver d’autres excuses !    La plupart des lecteurs ont découvert Valérie Rouzeau au Dé bleu, en lisant Pas Revoir, un texte à la lyrique cassée et comme « rafistolée », portée par l’expérience de la perte du père. Ce livre rend le manque palpable et vivant ; les mots repris, re-fabriqués parfois, convertissent l’absence en élan créateur. Ce n’est pas un texte de consolation, mais une voix qui se pose dans le creuset chaud encore, et brutal, de cet inadmissible départ. Glissé dans le rayon poésie du CDI, ce livre trouvera ses lecteurs : la mort est un motif littéraire permanent, une préoccupation saillante pour les adolescents. Ce livre n’est pas morbide, il ouvre un espace intérieur face à une expérience qui prive ordinairement de mots. Personnellement, je suis très prudente avec le thème de la mort dans mes classes de 35 élèves, mais si l’on connaît bien son groupe, on peut étudier des poèmes sur ce thème sensible et essentiel. Que l’on songe à Hugo, aux Romantiques bien sûr, à Rimbaud (Ophélie), Roubaud (Quelque chose noir) ou à des scènes de romans ou des tableaux: décrire, évoquer, dépasser la mort, n’est-ce pas tout simplement l’enjeu de l’art ?    

Il te faudra franchir la mort pour que tu vives 

La plus pure présence est un sang répandu  

Yves Bonnefoy, Du mouvement et de l’immobilité de Douve   

Toute poésie est la voix donnée à la mort  

Philippe Jaccottet   

*** 

                  La liste des éditeurs qui ont publié des textes de Valérie Rouzeau mérite un petit commentaire auprès du documentaliste : il n’y a pas que « Poésie Gallimard » qui nous offre des poèmes ! La petite édition (qui est parfois grande) a besoin que ses livres soient achetés… (et puisque je vous dis que la photocopieuse fait la grève de la poésie… !) 

La collection Wigwam qui présente Apothicaria est dirigée à Rennes par Jacques Josse,. Elle offre des haltes gourmandes pour tous les palets aux lecteurs aventureux. Si vous aimez faire des trouvailles, consultez le site ! http://www.wigwametcompagnie.net/ (et abonnez-vous !)  

*** 

                Pour aborder la poésie de Valérie Rouzeau, pourquoi ne pas se lancer dans le bricolage ? Ouvrir un chantier, patauger, rencontrer l’auteur, puis y revenir, tout requinqués. Oui cette écriture est une invitation permanente à l’écriture : lire, c’est écrire son propre poème, et on n’écrit que ce qu’on lit. La poésie n’a de sens qu’avec la vie qu’elle reflète, qu’elle alimente, qu’elle transforme. Ouvrir ce chantier c’est aussi accepter que l’enseignement du français touche au vivant de l’être, à ses questions, ses limites, ses failles mais aussi à tous ses enchantements. 

   Lire pour écrire 

Avec V. Rouzeau, la langue redevient une matière vivante, malaxable et friable, à disposition d’inventeurs. La poésie est une remise en forme de la part morte, éteinte de notre langue : les « mots de la tribu » se ravigotent !

 -          Faire commenter librement la liste des titres des livres: néologismes, mots anciens, nombre de syllabes, phonétisme…. Les titres ouvrent des univers, lancent des pistes. Proposer d’autres titres à l’auteure quand elle viendra ! 

-          L’anagramme également est une ressource poétique : voir la proposition qu’offre Olivier Bourdelier en tête d’Apothicaria ! 

-          Montrer comment un poème s’appuie sur le réveil des sens : le texte donne de nouvelles directions au sens premier des mots. C’est l’occasion de comparer des poèmes  à mots-valise de divers auteurs, d’en faire faire aux élèves, ou d’écrire des textes à partir de ceux de Valérie. Un mot peut réveiller aussi à lui seul une profusion de connotations et de références : « pigeon » ou « arbre » sont des points de départ proliférants ! 

-          Reconnaître tous les plaisirs de la transgression grammaticale. (On en profite pour en faire un peu la promotion : une grammaire partagée, c’est plus commode pour communiquer !). Déjouer et réinventer la grammaire, c’est faire bouger les murs de la langue, créer des possibles, mais des possibles toujours risqués. Chaque poème invente sa propre forme. 

-          Mesurer la sonorité des textes : le son fait partie du monde et du langage, comment la poésie y prend-elle part ? La lecture à voix haute peut s’enrichir d’interventions bruitées au choix des élèves. 

-          Retracer l’intertextualité du texte : références livresques, mais aussi à diverses comptines, chansons, expressions de la vie courante, souvenirs d’enfance. Le texte rassemble et densifie des références, toutes sortes de connotations, et les renvoie au lecteur qui revit à sa manière, selon ses propres expériences, ce bouquet de liens vivants. Rassurons les lecteurs : le but n’est pas de retrouver la « liste officielle » des références intertextuelles du texte, mais de ressentir pour soi-même, le rayonnement de liens inédits. Les mise-en rapports que nous ferons ne seront bien sûr pas forcément celles de l’auteure, même si cette sensation de connivence, souvent à rebours de la culture officielle, peut contribuer au plaisir de lecture. 

-          Lire, c’est aussi inscrire l’œuvre dans un panorama des esthétiques poétiques du XXè et du XXIème siècle : proposer aux élèves de constituer un groupement de textes en justifiant leurs choix. On met alors à leur disposition des « classiques » dont Valérie se revendique, (voir le site d’Inventaire/Invention par exemple) mais aussi quelques incontournables : Cendrars, Queneau, Prévert, Prigent… La question du vers et de la forme libre est bien entendu centrale. Tercets, quatrains, alexandrins, structures chansonnières restent profilés, en arrière-plan. On montre que la poésie « libre » n’est pas une poésie sans contrainte. Se posent aussi les questions du lyrisme et de l’intégration des univers quotidiens urbains dans les poésies modernes post-symbolistes. 

   Ecrire pour lire 

-          L’atelier d’écriture en cours de français peut préparer par exemple la découverte d’Apothicaria. L’entrée peut être thématique (faire écrire sur le thème des vitrines) ou intertextuel (faire écrire un texte intitulé « Une passante »). L’expérimentation de l’écriture prépare, en creux, la réception du poème. 

-          La mise en page et le travail d’édition participent du sens d’une oeuvre. Pour l’expérimenter, proposons aux élèves de recopier un texte, à leur manière, sur une affiche, le sol, à la main, ou au traitement de texte. Que se passe-t-il ? Comparer la quatrième page du Wigwam à la version dactylographiée du texte : la présence manuscrite de l’auteure, subjective et sensible rapproche-t-elle le texte du lecteur? Comment le lecteur marque-t-il, graphiquement, son appropriation ? 

-          Faire « écrire » des images : attention aux versions « illustrées » si vous n’avez pas un collègue d’arts plastique sous la main ! On peut contourner une partie des difficultés en imposant la technique du collage : l’auteure assemble des sensations, des mots, des images, les imbrique, les relie. Le lecteur peut aussi rassembler et reconfigurer des images découpées dans des pages de publicités, des catalogues, des magazines, ou des photo personnelles. Le point de départ peut être une citation choisie ou un texte plus complet. 

-          La technique du collage renvoie aussi précisément à l’écriture de Valérie Rouzeau : la rencontre avec l’auteure permettra par exemple de préciser auprès des élèves les sources de certains poèmes, (comme Récipients d’air page 30). Faire écrire des textes de vers collés amène les élèves à s’engager dans des choix et des reconfigurations d’imaginaire. 

-          Ecrire un texte à deux : au centre du texte, écrire « mais je m’égare et le vent tourne » (Récipient d’air, page 17), et passer le texte à son voisin    

La vie, le poème 

S’arrêter à l’entrée du collège et photographier un objet insolite. Reproduire le menu de la cantine, et en faire un texte prompt à s’enrimer. Collecter des textos, les glisser entre deux feuilles de vers. Compter le nombre d’oiseaux croisés en une journée. Récapituler les gestes que l’on a réalisés entre la descente du bus et l’entrée dans sa chambre à soi. Vider ses poches, faire la liste. Regarder ce qui tombe, ramasser ce qui ne tombe pas. Musarder, chantonner, sentir.   

« Un accordéon est tombé dans mon bol 

Je ne regardais pas je n’ai rien entendu 

L’oreille au bord des lèvres et l’œil dans un nuage 

Et un cheval de fièvre 

Ma petite écuyère qui s’est mise à danser » 

Récipients d’air, page 51                                           

Mais bon, ça n’arrive quand même pas tous les jours, quoique…

29 avril 2008

Lire Dominique Grandmont

Publié par nathalierannou dans Entrée en résidence

La quête poétique de Dominique Grandmont : la vocation de l’élan    

En découvrant la poésie de Grandmont c’est une démarche perpétuelle que l’on suit, une écriture qui ne se limite pas à la pensée, encore moins à un compte-rendu de vécu. Pour lire Grandmont, il faut avoir du souffle, accepter de se passer de point d’arrivée, et profiter de cette énergie existentielle et de plume, habiter l’élan. Aux sources de cette tension poétique, un dépassement de la fragilité du réel : il y a dans ce monde des visages-poèmes, des paroles-poèmes, des lieux poèmes, des situations-poèmes qui peuvent advenir pour peu que le  travail du langage s’en mêle. Comment la réalité me fait face ? Comment je peux me tenir face à elle sinon en elle ? Qu’est-ce qui dans ce que je vois, je reçois, reste entièrement en dehors de moi et pourtant me bouleverse, s’impose et en même temps s’efface ? Lire Grandmont, c’est creuser toujours ces questionnements et maintenir vive la question. Dès lors, le paradoxe, le contre-pied et le contrepoint animent en permanence tous les niveaux de cette poésie. C’est un travail sur les poncifs poétiques systématiquement retournés, mais aussi sur les permanences auxquelles le poème désapprend à croire comme si l’on s’exerçait  à fixer « quelque chose de flou à force d’être à sa place » (Ici-bas). Le connu, le quotidien utilitaire, le lieu urbain comme on dirait « sans âme » deviennent questionnement poétique parce qu’ils n’ont finalement rien de naturel, encore moins d’achevé. Le travail du poème n’est absolument pas d’en faire des objets poétiques « acceptables » ni de construire un regard contemplatif sur le monde, mais bien de maintenir intense le vertige du réel et d’en partager l’élan :    « Splendeur tumulte ivrognes aux porches des églises »  (L’Air est cette foule   On voit que la trame narrative, bien qu’implicite, est ténue, la démarche descriptive inexistante, l’effusion sentimentale bannie. Le poème traduit un éclat de réel mais surtout l’instaure, pour le lecteur. Le texte qui serait un simple compte-rendu de l’expérience du poète serait un texte raté. On peut parler de poésie quand l’expérience devient celle du lecteur, éveil, mise en mouvement de l’imaginaire, des sensations, de l’intériorité.    

Poésie et Autobiographie : l’envers de soi 

L’intériorité n’est pourtant pas le lieu d’évidence chez Grandmont. On serait même tenté de croire que tout est extérieur : décors, bruits, objets sont constants. Une attitude matérialiste peut-être, explique cette impression. Pourtant, nous ne lisons pas ici une poésie  « objective ». Aucun inventaire, aucun effet de liste : le monde n’est pas une somme d’éléments compilés, il est « cette foule », c’est à dire la profusion mouvante de ses éléments dont l’ensemble produit sur moi un effet fascinant, dérangeant ou superbe. L’intériorité est donc partout dans cette poésie. Les variations sentimentales ne sont pas l’objet du poète, mais en revanche ce sont bien les effets de ce frottement au monde sur une subjectivité en éveil et en recherche qui motive manifestement l’écriture. L’écriture n’est pas confort ni recherche de confort, elle n’est pas plus tendre qu’une thérapie, mais elle offre une forme au mouvant de la quête. Pourrait-on parler alors de quête autobiographique ? Peut-être, mais là encore avec la possibilité de concevoir exactement le contraire ! L’autobiographie implique d’une part une mise en forme linéaire, chronologique et narrative et une continuité du sujet étrangers à l’entreprise poétique. Mais en revanche, l’écriture comme expérience d’une identité en devenir, comme espace expérimental et « problématisé » du JE sont perceptibles en particulier dans L’Envers d’écrire  dont la première partie s’intitule « Nom brisé ». Le tutoiement adopté dans ce texte instaure la mise à distance porteuse de ce questionnement sur l’aporie autobiographique. C’est aussi dans ce revers de l’autobiographie que le lecteur à défaut de s’identifier à l’auteur, trouve sa place.   « je suis un rêve de la matière » Histoires impossibles   Or comment s’appuyer sur le rêve ? Si l’auteur fait appel à l’inconscient, c’est aussi comme ouverture du réel autobiographique à ce paradoxe entre le stable et le mouvant, le rationnel et le vécu non maîtrisé. Le poésie de Grandmont interroge et réclame la liberté. Les prises en main de nos vies par l’inconscient (individuel ou collectif, dans le vécu et dans le langage) montrent notre manque de liberté et en même temps la vivent. Le poème, en annonçant cette non-liberté, paradoxalement l’instaure.    

Versification en question : l’anti-système et le choix de contraintes   

          Et la liberté du poète se joue dans ses choix d’écriture. Là encore le paradoxe est fertile. Chaque ensemble de poèmes est libre de développer sa forme, mais chaque texte du recueil résulte d’une adoption contrainte de cette forme. La liberté de D.Grandmont est formidable formellement parlant : de l’aphorisme au récit poétique, de la forme la plus brève (plus brève que le haïku !) aux versets à la Saint John Perse, il ne s’interdit rien ; explore le vers libre, le poème en prose, la strophe unique, le bloc-texte, la double strophe, l’effacement de la ponctuation, la numérotation… Mais cette liberté formelle s’assortit d’une démarche très rigoureuse comme si à chaque recueil correspondait la traversée d’une forme, comme si chaque recueil l’épuisait, ou plutôt tentait d’approcher au plus près la connaissance intime des virtualités de cette forme. 

Bien sûr, une quête unique pourrait se prolonger d’un recueil à l’autre, ce qui deviendrait la « marque de fabrique » de l’auteur. Cette facilité, D.Grandmont l’évite, persuadé que la perfection est une menace, et sans doute aussi désireux d’esquiver les servitudes. 

Poésie et traduction comme expériences de l’altérité   

Cette rigueur imposée à sa plume comme par une exigence extérieure est peut-être comparable à la démarche de traduction. A moins que ce ne soit la traduction qui devienne avec Grandmont la réponse à une nécessité intime ? La démarche de création de ce poète ressemble étonnamment au geste de traduire: observer, au plus près, sans juger, le maximum de soi en éveil, sens, images, sons considérés dans leur formidable étrangeté. Ecrire et traduire inquiètent les évidences, activent l’intensité du réel. Et surtout l’une et l’autre démarche interrogent de concert les limites du langage, ses capacités à faire de la réalité autre chose que ce qu’elle est, à brouiller les pistes, à affronter la perte. Le langage camoufle ce qu’il perd et en même temps demeure la seule voie/voix de rencontre avec la brusque réalité et le creuset des indicibles. 

Imaginer des activités pour les élèves 

1-     Pour mesurer les spécificités de l’écriture poétique : le poème en prose 

·   On peut donner une consigne d’écriture puis on comparera les textes inventés par les élèves avec celui de l’auteur :  Exemple : Inventez un poème en prose sans retour à la ligne, dont les premiers mots seraient « Ton corps est une feuille… »  (suite par DG dans « Echelle 1 », page 43)  On mesurera le travail d’évitement perpétuel de tout cliché poétique, de tout effet de lyrisme attendu. 

2-     Pour apprécier le choix du vers libre 

·        Recomposer sur un transparent le poème livré à la classe sans retours à la ligne ; puis comparer les propositions de mise en page avec le poème de l’auteur : Exemple : à partir d’une page de « nom brisé » dans « L’Envers d’écrire » On reconnaîtra le travail de rythme du poème qui est toujours au service de la tension syntaxique et donc de la dramatisation. L’absence de ponctuation renforce la polysémie et donne au poème un aspect à la fois brut et travaillé. On montre ainsi que le vers libre n’est pas absence de rythme. 

3-     Pour apprivoiser l’éclatement référentiel du poème 

·        Un travail interdisciplinaire avec le cours d’arts plastiques :  Exemple : Demander aux élèves répartis en binômes ou en trios de réaliser un photo-montage à partir d’un poème au choix, par exemple extrait de « Obstacle et règle » dans Echelle1. Le but ne serait pas tant d’illustrer le texte que d’imaginer un équivalant graphique de l’éclatement de l’image qu’il instaure, ou le rapport à la vitesse de la perception   On valorisera les collages contrastés, les références aux décors urbains habituellement déclassés (parking, engins, routes ordinaires). Le poétique et l’esthétique ne sont pas dans l’objet mais dans le geste de composition et surtout dans la concentration du langage qu’impose une expérience du réel elle aussi essentielle. La poétique d’Apollinaire peut être mise en référence. 

4-     Pour reconnaître le cheminement de la pensée dans la parole poétique 

·        Réaliser une séance de lecture à voix haute classe entière ou en groupes, à partir de vers ou d’aphorismes ( L’Envers d’écrire , dernière partie) :  Exemple : Chaque groupe de 3 élèves est responsable d’une série d’énoncés qu’il doit s’exercer à prononcer selon des consignes successives (lire en chuchotant puis de plus en plus fort, lire très lentement puis de plus en plus vite, lire de façon monocorde puis de plus en plus chantée – puis les consignes sont reprises à l’inverse). Au terme de ces expérimentations le groupe décide d’une consigne de lecture. Chaque groupe sélectionne ensuite trois énoncés pour la mise en commun et chacun justifie son choix devant la classe.   La lecture à voix haute permet de faire entendre une voix comme évidente ; l’aphorisme est facile à mémoriser, il peut donc y avoir une mise en espace : faire répondre les partenaires de part et d’autre de la salle puis organiser une discussion à partir des aphorismes retenus.   

5-     Pour apprécier le travail sur la langue 

·        Atelier de traduction en langue étrangère, en collaboration avec un collègue de langue vivante ou un assistant étranger : Exemple : essayer de traduire des textes de « L’envers d’écrire » en italien puis comparer les productions des élèves avec le travail de Chiara de Lucca sur internet. La traduction en langue étrangère conduit à s’interroger sur l’éventail polysémique et les spécificités de la langue française. Comment traduire par exemple les titres de la bibliographie ? En explorateur de la langue française et en traducteur averti, D.Grandmont privilégie toujours les tournures « intraduisibles ». Il reste aussi fidèle à André Du Bouchet pour qui la démarche poétique, c’est toujours s’aventurer comme en terre étrangère. 

6-     Pour une lecture comparée 

·        Des textes choisis peuvent enrichir des groupements de textes Exemples sur l’autobiographie : la poésie comme une autre façon d’explorer le sujet. En l’absence de pacte autobiographique, le poète ne pose pas le problème de la véracité des anecdotes. Sa vérité est dans l’énonciation et l’appropriation que le lecteur peut se faire du texte. Voir par exemple un passage de Ici-bas, mais la consultation du livre entier est nécessaire pour percevoir la composition de l’ensemble et le choix de passages versifiés.    Exemples sur les formes poétiques brèves  Les formes poétiques brèves sont très en vogue, on les croit faciles à lire et à inventer… L’Air est cette foule peut être l’occasion de monter que toute forme brève n’est pas un haïku mais qu’elle répond à un type d’expérience poétique particulier, dans la lignée de « l’éclair » de René Char.   Exemples de groupements thématiques sur la ville, le voyage, la pauvreté, le paysage… L’approche thématique est intéressante quand  elle permet d’interroger les choix stylistiques de chaque œuvre et de resituer chaque auteur dans le contexte de sa production. Dominique Grandmont, on l’aura compris, n’est « affilié » aujourd’hui à aucune « chapelle ». Il défend sa liberté en permanence ce qui rend sans doute sa visibilité médiatique décevante et fautive. On se gardera donc de le « classer » chez les « nouveaux lyriques », les partisans de « l’écriture blanche », du « vers » ou du « style ». Tout groupement de textes travaillera donc à mettre en relief les singularités.   

25 avril 2008

Entrer en résidence

Publié par nathalierannou dans Entrée en résidence

La rubrique « Entrer en résidence » qui s’écrit étrangement -mais je ne sais pas comment changer la graphie d’un titre de rubrique!- propose des modes de découverte de l’univers poétique des auteurs invités à séjourner deux mois à la Maison de la Poésie de Rennes. Les collègues exerçant du primaire au supérieur prêts à organiser un partenariat avec Beauséjour se manifestent auprès de Gwénola très tôt dans l’année, car il n’y a que trois ou quatre partenariats scolaires possibles par résidence.

Ensuite, il ne reste plus qu’à inventer…

24 mars 2008

Rendez-vous, rendons-nous

Publié par nathalierannou dans Ateliers du mardi

L’atelier de découverte de la poésie contemporaine, qui s’adresse prioritairement aux enseignants, a lieu un mardi par mois à la Maison de la Poésie de Rennes, de 18h30 à 20h.

Le dernier atelier de l’année passée a eu lieu mardi 13 mai en compagnie de Valérie Rouzeau, un soir de pluie diluvienne… Qui se souvient de la couleur du bleu mouillé? Du bruit de la porte en métal, un peu trop lourde, contre l’allée? De  la voix de Valérie, en plein coeur du Wigwam, fenêtre ouverte, à contre-jour…

Et oui, les ateliers vont reprendre… encore un peu de patience, je préprare un menu plein de surprises et de défis… tendez la bouche et l’oreille, Gwénola est toujours là pour vous renseigner, et la permanence de la conseillère-relais s’essaie le mardi entre 13h30 et 14h30.

Vous pouvez rejoindre l’atelier à tout moment de l’année. Il est conseillé de réserver une place pour la soirée.

Tel: 02 99 51 33 32

19 mars 2008

Une poésie « dés-engagée » est-elle possible?

Publié par nathalierannou dans métablog

Le Printemps des Poète a fait cette année honneur au « poème à l’autre ». Superbe motif de la « main tendue » de Celan, ou hommage plus classique aux « poètes de la résistance ». En effet, comment aujourd’hui ne pas « résister »? Contre l’absurde et l’ignorance, le vide du langage et la manipulation des esprits, enseigner, certes, c’est nécessairement résister! L’incarcération de Julio, lycéen rennais, au Centre de Rétention Administrative de St Jacques , m’a pourtant rappelé combien l’engagement c’est aussi tout autre chose: s’opposer aux mots d’une justice malade, aux gestes d’un Etat grisé par sa puissance. Enseigner et résister, c’est aussi faire des ses propres mots des paquets de grogne bien affûtés, quand l’indignation renvoie au silence le moindre poème.

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